« Il ne sera pas facile pour le Sénégal de produire du blé», Ahmadou Aly Mbaye, Recteur de l’UCAD

0
78

Aujourd’hui, avec les conséquences de la crise ukrainienne,  le coût du blé a flambé. Du coup, le gouvernement du Sénégal  a décidé de produire du blé au Sénégal dans le but d’être autosuffisant. Mais pour Ahmadou Aly Mbaye, recteur de l’Ucad, il ne sera pas facile pour le Sénégal de produire du blé, parce que les conditions climatiques ne s’y prêtent pas. Par contre, ce qui est possible, selon lui, c’est d’envisager des spéculations  de substitution. 

« Il ne sera pas facile pour le Sénégal de produire du blé, parce que les conditions climatiques ne s’y prêtent pas. Par contre, ce qui est possible c’est d’envisager des spéculations  de substitution ».  C’est l’avis d’Ahmadou Aly Mbaye, recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Il s’exprimait hier, mardi 7 juin, lors de la cérémonie d’ouverture de l’exposition Agriculture pour la nutrition qui a été organisée par le projet Feed the future à la bibliothèque de l’Ucad. Par conséquent, en lieu et place  du blé, l’économiste  préconise les céréales locales  notamment le maïs, le mil et le sorgho.

« Le Sénégal produit  énormément de céréales  qui pourraient valablement se substituer au blé. Maintenant, il va falloir qu’il y ait l’accompagnement  technologique et aussi il  va falloir qu’on éduque les populations pour que cette substitution  puisse se faire », a-t-il proposé.

Par ailleurs, M Mbaye  pense qu’on peut lutter contre  l’insécurité alimentaire en utilisant des moyens physiques  comme la terre, les fertilisants et autres, mais aussi en améliorant la qualité des aliments. « Il s’agit de fortifier les aliments pour en augmenter  la quantité et la qualité des nutriments. Les produits dont il s’agit sont le mil, le maïs, le sorgho  et l’élevage en utilisant les méthodes modernes de fortification  qui ont été expérimentées et mises en œuvre  par le projet  Kawolor  financé par l’Usaid  avec l’accompagnement technique de l’Ucad », indique-t-il.

Il souligne que l’Ucad intervient à travers la science et la technologie. Il s’agit selon lui,  d’utiliser les moyens de la science pour faire en sorte que les aliments soient disponibles  en quantité et en qualité. « Avec les mêmes ressources, on peut  produire plus et mieux », souligne M Mbaye.

Allant dans le même sens Jean Pierre Senghor, secrétaire exécutif  du Conseil national de sécurité alimentaire  estime que le blé  n’est pas une fatalité. Car, selon lui, le Sénégal peut  produire une grande quantité de blé et ne  jamais être compétitif par rapport aux autres pays  producteurs de blé.

« Si nous nous faisions violence pour que petit à petit,  ce qui est considéré comme une fatalité c’est-à-dire le blé et le riz, nous nous recentrions sur le maïs, le mil et le sorgho que nous avions, la sécurité sanitaire des aliments peut s’en trouver renforcée. Nous n’avons plus le choix que de nous concentrer et d’intensifier  les productions dans les céréales. On ne peut plus dépendre des autres pays pour ce que nous consommons », lance-t-il.

NDEYE AMINATA CISSE

Leave a reply